Renee, Tangaroa Blue

Renee est volontaire au sein de la fondation Tangaroa Blue. Elle nous a gentiment invité chez elle, dans sa magnifique maison en bois dans le bush, autour d’un thé, pour nous raconter son combat contre le plastique. Avec l’aide d’autres volontaires ou de manière individuelle, Renee arpente les plages autour de chez elle (entre Yallingup et Injidup) pour ramasser les déchets et participer à la protection de cette incroyable région. 

Renee nous a raconté son combat contre la pollution par les plastiques chez elle, autour d’un thé, lors d’un bel après-midi ensoleillé dans la forêt surplombant la plage d’Injidup. Renee partage ainsi son temps libre entre son volontariat au sein de la fondation Tangaroa Blue, des nettoyages de plage seule ou avec d’autres volontaires ou encore à l’alimentation de sa page facebook ‘Plastic is Forever’, participant ainsi à la protection et à la sensibilisation à la pollution marine. Renee est volontaire au sein de la fondation Tangaroa Blue depuis sa création en 2004.

La fondation Tangaroa Blue est une organisation australienne à but non lucratif, impliquée dans le nettoyage et la prévention à la pollution marine. Pour s’assurer d’un maximum d’efficacité, l’Australian Marine Debris Initiative (AMDI) à été créé par cette fondation. Il s’agit d’un réseau global d’acteurs locaux de volontaires, de communautés et d’organisations qui contribuent aux nettoyages des plages dans leurs aires d’actions puis à la collection de données sur les déchets ramassés. La fondation Tangaroa Blue coordonne et soutient ces actions locales en fournissant notamment du matériel pour ramasser les déchets (sacs, gants,…) ainsi qu’un protocole permettant une collection de données sur les déchets ramassés rigoureusement identique quelque soit le groupe local les collectant. Ces données sont ensuite stockées dans la base de données de l’AMDI, d’où elles sont partagées gratuitement. Ainsi la Recherche, l’Industrie, la Gestion ou tout simplement le Public peut utiliser ces données pour trouver des solutions à la pollution des côtes.

Parallèlement, Renee met en valeur les déchets plastiques qu’elle collecte lors de nettoyages de plages à travers sa page facebook ‘Plastic is Forever’. En effet, partant du constat que les objets en plastique sont synonymes de biens jetables, et que leur valeur est trop souvent négligée, Renee leur donne une seconde vie en les recyclant en objet d’art.

At Renee’s house in the forest
Artist – Renee Mouritz
Artist – Renee Mourtiz

Cette remise en valeur et en beauté est pour elle un bon moyen de sensibilisation à la nature jetable du plastique dont on lui prête aujourd’hui, à ses ravages et montre un nouvel angle sous lequel le plastique devrait être considéré : celui d’un bien qui a nécessité beaucoup d’énergie et de ressources pour être créé, et donc précieux. Comme elle le dit si bien, si le diamant est éternel, pourquoi pas le plastique ?

Plus d’infos sur :

– Tangaroa Blue Foundation –
http://www.tangaroablue.org/

– Plastic is Forever –
https://www.facebook.com/plasticisforever/

Notre interview avec Renee :

Peace !

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— Script en français —

Presentation
« Salut, je m’appelle Renee, je vis à Yallingup en Australie Occidentale et j’ai une formation en biologie marine. Je travaille avec l’organisation Tangara Blue depuis sa fondation en 2004. »

Origine du nom Tangaroa Blue
« Le nom de l’organisation provient du fait que Tangara est le dieu de la mer dans la mythologie Polynésienne. Etant moniteurs de plongée, les fondateurs ont passé beaucoup de temps dans l’océan et ils ont éprouvé le besoin de lui en être reconnaissant.  L’idée principale autour du nom de l’organisation est que si tu prends soin de l’océan, il prendra soin de toi en retour. Il y a beaucoup de personnes qui ne comprennent d‘où le nom vient, sa raison, comment le prononcer, c’est un peu délicat, tandis que l’AMDI est un peu plus facile à retenir

L’implication de Renee
« Mon implication au sein de cette organisation est principalement autour des actions de nettoyage de plages en Australie Occidentale, qui sont les évènements les plus importants que je coordonne chaque année. Cela fait 4 ans que je fais ça, en plus des nettoyages de plage que je fais personnellement. Ces nettoyages de plages ont commencé ici à Yallingup il y a 6 ans, je ne me rappelle plus combien ont été organisés la première année, puis ces évènements se sont propagés dans tout l’état, nous avons maintenant des personnes impliquées chaque année depuis Broome jusqu’à Eucla. De nombreux locaux restent impliqués, ce qui est une bonne chose.

Tangaroa Blue apporte son appui aux nettoyages de plages locaux
« Cela dépend des subventions que nous recevons mais pour les nettoyages de plages annuels que nous organisons, nous fournissons du matériel aux participants, nous collectons également les déchets ramassés. »

Tangaroa Blue collecte des données
« Nous demandons aux participants de nous fournir des données sur les déchets qu’ils ont ramassés en remplissant la fiche protocole que vous avez ramené. Cette fiche est assez claire comme vous avez pu le constater lors de votre nettoyage de plage. Cela fait quelques années maintenant que nous l’utilisons et elle regroupe les mêmes catégories que l’on peut trouver sur la base de données. La première catégorie recense les objets de consommation en plastique que les gens ont apportés sur la plage, ou les objets comme les brosse à dents provenant de l’océan. Il y a aussi les emballages. Environ 85% des déchets ramassés sont des objets plastique, cela varie bien sur de la plage. De l’autre côté de la fiche, on peut recenser les déchets que l’on ne trouve pas beaucoup par ici, notamment ceux en verre, provenant principalement des endroits de pick-nick, ou encore les canettes en acier. Ces fiches sont plutôt faciles à utiliser et les données qu’elles nous apportent peuvent être utilisés de différentes façons. »

Tangaroa Blue partage les données collectées tout autour de l’Australie
« Les données collectées peuvent être utilisées par tous, il y a notamment des scientifiques ou encore des groupes locaux qui s’en servent. N’importe qui travaillant dans la gestion des ressources côtières peut également y trouver un interêt. Concrètement, il suffit d’envoyer une problématique à la base de données à travers le site de l’organisation, du type ‘Quels sont les dix types de déchets les plus fréquents de telle ou telle zone’  et le chapeau magique qu’est la base de données renvoie la réponse à la problématique du projet de gestion ou de recherche à l’aide de toutes les données collectées, permettant ainsi de trouver des solutions pour réduire la pollution par les déchets. »

Tangaroa Blue sensibilise
« Nous avons toute une partie de l’organisation portée sur l’éducation, nous avons notamment un kit d’éducation à la pollution des déchets d’origine marine en ligne établi en lien avec les programmes scolaires australiens. Ce kit a été créé par un professeur originaire de Byron Bay, Catie, qui est impliqué depuis un long moment avec nous. N’importe quel professeur peut utiliser ce kit auprès de ses élèves en utilisant les leçons qu’il contient, ou tout simplement en bénéficiant de la quantité de vidéos que l’on a faites pour les élèves. L’éducation est très important pour nous, nous voyons cela comme un véritable moyen de réduction de la pollution car au plus les gens deviennent conscient du problème de la pollution marine ou des plastiques plus généralement, au plus ils commenceront à y penser et à remettre en cause leur consommation. J’ai également trouvé un bon moyen pour sensibiliser les groupes d’élèves, et qui est également très apprécié, c’est d’étaler les déchets ramassés ensemble et d’y prêter une plus grande attention. Ramasser les déchets est pour moi une bonne chose mais regarder de plus près ce qu’il se trouve dans le sac est encore mieux puisque cela permet de s’interroger sur la présence d’une brosse à dent ou d’un skate sur une plage. Cela stimule les élèves et ouvre la porte du questionnement. »

Tangaroa Blue contribue à changer le comportement des gens
« Un changement de comportement que l’on a vraiment observé auprès du public lors des nettoyages de plages est que bien que tout le monde ne s’implique pas directement dans le nettoyage, il y a beaucoup plus d’interactions positives entre les volontaires et le public qui veut savoir ce qu’il se passe, appréciant souvent même leur travail. Ce que je pense être un bon changement puisque je me rappelle lorsque je faisais mes nettoyages de plages personnels, j’avais l’impression que les gens me regardaient en pensant que je faisais des travaux d’interêt généraux. Je pense ainsi que les gens sont de plus en plus au courant du problème de la pollution marine par le plastique et lorsqu’ils aperçoivent des personnes nettoyer une plage, ils sont plus enclin à s’impliquer également, ou juste à les remercier. »


​Tangaroa Blue lutte contre la pollution à sa source
« Une grande victoire que nous avons obtenu concerne la pollution par ces bandes en plastiques que l’on pouvait trouver en grand nombre échouées le long des côtes. Plus particulièrement, ces bandes de cette largeur et de cette couleur proviennent de l’industrie de la pêche à l’écrevisse, et servent à sceller les boîtes à appâts. Ces bandes étaient anciennement enlevées sur le bateau une fois en mer pour libérer les boîtes à appâts puis jetées par dessus bord, induisant une grande nombre de déchets que l’on pouvait retrouver sur les côtes. Cette bande jaune lorsqu’elle n’est pas coupée, est particulièrement dangereuse pour la vie marine, notamment à l’encontre des mammifères marins. On a ainsi pu relier l’origine de cette pollution à l’industrie de la pêche, et après de longues négociations avec elle, nous avons pu mettre en place un code de conduite volontaire en 2011 présentant notamment la solution d’enlever ces bandes avant de charger les boîtes d’appâts sur le bateau, et ainsi de les laisser au port. Et depuis cela, nous avons observé une très nette diminution de ces bandes échouées sur les plages, ça a vraiment été une belle victoire ! »

 

— Script in English —

Presentation
« Hi, my name is Renee and I live in Yallingup, Western Australia and I have background in marine biology. And I have been working with Tangaroa Blue organisation since it started in 2004, that’s right. »

Origin of the name Tangaroa Blue
« The name of the organization came about because Tangaroa is actually the Polynesian god of the Sea. The founders were dive instructors so they have spent a lot of time in the ocean and they needed to do something to give back. So, yeah, the whole idea why they called it Tangaroa Blue is if you do good by the ocean, the ocean will do good by you. And there is lot of people who don’t understand where the name comes from, why it’s called TB, how to pronounce it, so it’s a little bit tricky, the Australian Marine Debris Initiative (AMDI) is a little bit easier for people to get the name. »

Renee Involvement
« So for me, my involvement is to do with the WA beach clean up which is the biggest event I coordinate every year. I have been doing that for the last 4 years. I was involved by doing my clean up anyway. That event started off locally here in Yallingup, I can’t remember how many clean ups the first year and then grew over the time to take in the whole state and we have been in the state cleaning up for probably at least 6 years now, so we have people from Broome all the way through to the southern coast to Eucla that get involved every year and lot of people from the local area still get involve, so that’s been really good. »

Tangaroa Blue supports local beach clean up
« Yeah, for the actual clean up events that we do, it depends on the grant that we have, but we will provide clean up material for everybody and then will also organise rubbish pick up service and stuff like that for people as well. »

Tangaroa Blue gathers data
« We’ve been asking to people to return data they have collected on their individual clean ups. So like that data sheet that you guys have there. And this data sheet has been pretty comprehensive as you guys have probably found out when you were doing it. We have been using it for quite a few years now, so all the categories here are on the database and basically it’s a breakdown of the first section is all to do with items like people have, so plastic items, consume items and stuff like people have actually brought onto the beach, or stuffs like toothbrushes and things like that is coming in to the sea. And then the packaging items. Plastic is probably about 85% of what we find. It depends on where you are when you are cleaning up , but it’s majority plastic. On the other side, is what we don’t find here as much, it just depends : glass if it is an area where people are pick-nicking and things like that, cans as well. But yeah pretty comprehensive and informations that provide to us can be used in a number on ways.»

Tangaroa Blue shares data collected Australia-wide
« It can be used by anyone, so we do have scientists using it, we also have community group using it. So anyone that is working on that ressource management or coastal sort of stuff can use it. And basically you send a data request in through the data base and ‘database-guru’ can put out what people want or what they are needing for that whatever project might be or if it’s for research, or what they are looking for, like what are the top ten problem items are in the area and what they might like to look at addressing source reduction plans. »

Tangaroa Blue raises awareness
« Yeah, definitely, so we do have an educational component in the organisation and we have an online marine debris education kit which is actually lined to Australia curriculum. We have a teacher from Byron Bay, Catie, who has been involved with TB for quite a long time and she is right here the education kit, so she is a school teacher and basically teachers can go in there and take lessons plans out, all done for them, and if they don’t want to do that there is just an incredible amount of even just videos ressources that we did for the students. So, education is a real big one for us, it is basically a source reduction plan in itself because more aware people are about the problems with marine debris or even just with plastics in general, they will start to look at their consumption. But I have actually found a really interesting way with the school groups. And the kids really enjoy, like picking up the rubbish is good and everything but you don’t really look at what you are picking up but when you lie it all out, it really says what you found, why is there a toothbrush on the beach or why is there a skate here. And it starts to open up that whole kind of world of wander »

Tangaroa Blue changes people behavior
«One thing we have noticed in changes behavior is that while not everyone will get involved in the clean up, there has been more positive interactions with people who are doing clean up and the general public and the beach wanting to know what people are doing and maybe not necessarily getting involve but you know being appreciate what those people are doing and questioning in that. Where I think there is a shift because I know after I do my clean ups and I feel like people are looking at me thinking I am doing community services cause I have broken the law ‘Oh my God let’s keep away from her, she does something wrong !’ [Ahah]. So I think the issue with plastic in the Ocean is become more common knowledge these days, when people do see people cleaning up, they are actually more encline to get involved or get people thanks for what they are doing. »

Tangaroa Blue fight against plastic pollution at its source
« One of the really big win we had is to do with this strapping bands that  we used to find a lot of them washed up along the coastline so this particular width and this color we found out comes from the cray fishing industry, so the western rock lobster industry, and basically around the bait boxes that go onto the boat when they go out to fish and the tape itself is cut off when they want to get the bait out of the boxes and it is discarded, blown over board or whatever and we found lots of them washed up along the coastline. This here [yellow band] is a particularly bad, especially when it is uncut, when it is a complete loop like this it is very dangerous for marine mammals in particular. So because we were traced back to the cray fishing industry, we were able to get a voluntary code of conduct pulled in, that mean that when the bait boxes are loaded onto the boat they actually have to take the strapping tape off before the boxes get on the boat. And since it happened, we have had a lot less of the strapping bands washed along the coastline. It happened in 2011. This was a really big one. »

 

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