Karen, FERN

Interview de Karen Bartz, qui nous parle du Fremantle Environmental Ressource Network (FERN). Espace regroupant, entre autre, un café végan, un potager en permaculture en ville et un atelier de réparation de vélos.

On leur a ainsi proposé notre aide pour l’élaboration des soupies ainsi qu’en les aidant à trier des vélos et en réparant les clotures. Ces trois jours de volontariat nous ont permis de rencontrer les acteurs, plus ou moins permanents, de cet endroit ainsi que de partager de très bons moments avec eux. Nous avons également pu être témoins des difficultés auxquels ils font face mais surtout de l’engouement que suscite le FERN auprès des visiteurs, et on a pu voir comment cet endroit permet l’émergence d’une communauté locale. Le FERN apparait enfin comme un véritable laboratoire où sont expérimentées au quotidien les solutions, que nous pouvons adopter dans nos vies, pour un mode de vie plus écologique. Des rencontres aussi marquantes qu’inspirantes !

Vidéo de notre interview :

Plus d’infos sur :

– Le FERN –
http://www.fern.org.au/

– Pad’Blaz –
https://soundcloud.com/paddypadlaz

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— Script en français —

Le commencement

« Le jardin a été créé il y a 12 ans. Avant, on y trouvait une pépinière et un mini-golf. Ce terrain étant libre, un groupe de locaux a reçu l’autorisation du gouvernement pour y créer un jardin communautaire. Je n’étais pas impliqué à cette époque, mais ils ont tout planté, le bâtiment étant déjà présent. Je suis venue et j’ai commencé le café il y a 5 ans.

Je ne perçois pas ça comme une propriété car c’est un espace communautaire, ça n’est pas comme un commerce que je peux vendre. Quand je partirai, je le donnerai à quelqu’un d’autre car il faut quelqu’un engagé à plein temps ici, et les gens on besoin d’argent pour vivre. »

Le FERN regroupe plusieurs projets

« Nous avons le café, le jardin, l’atelier de réparation de vélos, qui recycle et revend de vieux vélos. Nous avons aussi des espaces d’arts, et nous organisons des repas communautaires (Soupie) 2 fois par semaine à prix libre. Beaucoup de légumes qui auraient été jetés nous sont donnés, on pratique le recyclage alimentaire. »

Les repas communautaires à prix libres (Soupies)

« 2 organismes de banques alimentaires récupèrent pour nous la nourriture dans les grandes surfaces. Nous cuisinons toujours végan car nous pensons que c’est la manière la plus durable de se nourrir. Environ trois quarts de la nourriture nous ait donné.

Nous pouvons avoir jusqu’à 200 personnes les lundis. Les backpackers connaissent ce rendez-vous depuis longtemps.

Les gens venant fréquemment ainsi que les voyageurs s’impliquent parfois même en retour comme volontaires. Nous avons souvent des groupes de français, d’Italiens ou même d’indonésiens.

Les mercredis soirs étant plus récents, on peut recevoir un plus d’une centaine de personnes. Plus de locaux pour lesquels il est plus facile de parler entre eux et de ramener leur famille. »

L’atelier de reparation de vélo

« Les vélos nous sont majoritairement donnés, lorsque les anciens propriétaires n’en ont plus besoin, s’ils déménagent ou s’ils sont hors d’usage. Nous organisons également des ateliers lors desquels les gens peuvent venir apprendre à réparer leurs propres vélos. »

Le potager en permaculture

« Bien que la terre du Western Australia soit pauvre, car très sableuse, on veut montrer aux gens ce qu’on peut quand même faire, et qu’il n’y a pas de raison que ça ne soit pas possible. »

Le FERN lutte activement pour la protection de l’Environnement

« Nous avons également toujours hébergé des Activistes. Peut-être qu’un jour nous n’aurons plus à nous battre, mais pour l’instant nous combattons. Il y a des personnes qui se sont engagés contre l’industrie gazière à Broome ou pour sauver les forêts du Sud-Ouest. Récemment, nous nous battons pour préserver des zones humides. Le projet consiste également à rassembler ces personnes et à les ré-intégrer. Les médias disent souvent que ces gens devraient plutôt se chercher un travail, alors que la majorité en ont. Ils se préoccupent juste de ce qu’il se passe. Vous savez j’ai été arrêté pour avoir protesté pour la protection des zones humides, mais vous devez faire ce qu’il y a à faire. »

Le FERN est géré par des volontaires

« Nous avons 8 membres dans notre conseil d’administration, ils sont élus lors d’une AG une fois par an. Il y a environ une douzaine de volontaire permanent, jusqu’à 20 en semaine. Il y a après les volontaires pour les repas communautaires. 

Les gens viennent parfois de loin pour être volontaire, que ça soit pour le jardin, ou pour l’aspect durable ou encore pour la communauté. »

Les difficultés affrontées

« Nous avons rencontré des problèmes avec nos voisins qui ne nous voulaient pas ici mais Simon à passer beaucoup de temps à leur parler. Nous avons ainsi pu trouver un terrain d’entente. La leçon est qu’il faut travailler avec les gens autour de soit, même s’ils pensent d’une manière différente. »

Le FERN contribue à changer les mentalités

« Je pense que nous aidons les gens à ne plus penser du genre ‘Ok, je vais acheter ceci’ mais à penser d’une manière plus créative : ’Comment je pourrais faire sans acheter’. Notamment par l’utilisation de ce qu’on a déjà. C’est juste un manière différente de penser. Ça rassemble également les personnes qui n’ont pas beaucoup d’argent dans une atmosphère cool. C’est aussi cool d’agir différemment et de ne pas dépenser d’argent. »

Le FERN crée une communauté locale

« Je pense que les repas, les espaces accueillants et chaleureux sont vraiment important pour tout ceux qui viennent ici. Nous avons besoin que la communauté se renforce, que chacun se sente inclus, nous devons éteindre la télé et apprendre à communiquer les uns avec les autres. Je pense que c’est ce dont nous avons besoin pour travailler ensemble, pour faire les choses différemment et de manière plus durable. Nous devons apprendre à communiquer d’une bonne manière. »

Le FERN répand l’Espoir

« Je suis fière que nous soyons auto-suffisant, cela veut également dire que nous pouvons le faire n’importe où. Sur chaque terrain, dans chaque maison, partout ! S’il a été possible ici d’apporter suffisamment d’argent pour payer les factures, c’est un exemple qui peut-être appliqué partout. Nous avons maintenant la liberté de faire ce que l’on veut.

Faites-nous connaître et dites aux gens qu’ils sont les bienvenus pour faire partie de cette communauté. C’est une bonne manière de voyager que de donner de son temps quelque part et d’y rencontrer les gens. Faites passer le message ! Et merci pour ce que vous faites, vous faites résonner le message en apportant des connections entre les gens ! »

— Script in English —

How it began

« The garden itself started about 12 years ago, before that it has been a plant nursery and a mini-golf. It was vacant so a group of locals asked the council, because it is the government land, if  they can start a community garden. I wasn’t involved back in the days, but they laid out the structure as you see it, the building was already here. I came about 5 years ago and start the cafe. 

But I don’t really see it as an ownership because it is community space so it’s not like a business that I can sell. When I’ll leave, I’ll pass it on to someone else because we need people to be involve here on a regular basis. And people need money to live »

The FERN gathers several sustainable projects

«  We have the cafe, the garden, the bicycles repair station, which recycle and resell old bicycles. We have some art space, and we do the community dinner by donation twice a week. A lot of vegetables are donated, it’s food recycling, things that otherwise got thrown away. »

The Soupie

« Two places pick food up from the businesses and drop it off to someone else. We always cook vegan food because we think this is the most sustainable way to feed. I would say at least three quarters are donated.

 On Mondays, because it has been known for a lot of years, this time of the years we can expect up to 200 people. The backpackers for instance used to know it for a long time.

A lot of the same people and some travelers as well and sometime they really get involved in helping for the soupy. We had some big groups of French or Italian, even groups of Indonesian.

 Wednesdays are more recent so it will get a little bit more than an hundred. It’s a little bit easier for the locals to talk and to bring their children. »

The bicycles repair station

« The bicycles are mainly donated again, so once people no longer need or have grown out of or move somewhere else to live or even if something is broken. We have occasionally bicycles workshops so people can come and learn how to fix their own bicycle. »

The garden

« West Australia is quite an hard landscape the garden is so sand, so it is just to show what can be done, there is no reason why we can’t do it. »

The FERN fights for the protection of the Environment

« We always had an activist element here too, maybe one day we’ll not have to fight but at the moment we do. We have people who have been involved against the gas industry in Broome or to save the forest down south, and recently we are fighting for the wetlands.

It’s also bringing these people into mainstream because the media likes to tell to this people ‘You should get a job’ but actually most of them have jobs, they just care about what is going on, it’s normalizing in a way that people care about what is happening.

You know I got arrested for the wetlands, you do what you need to do, you feel like you have done something. »

The FERN is run by volunteers

« We have 8 board members, we have an AGM once a year, when we elect our board members. We have probably a dozen of people here, maybe 20 people over the week on a regular basis. And then the extra volunteers for the community meals. 

Sometimes people comes a long way to volunteer on a regular basis. People comes from different reasons, because they like the garden, they like the sustainability, or they like community. »

The difficulties faced to make it happened

« We had faced problems with neighbors, because they didn’t want us to be here but Simon spent a lot of time talking with them and so we can still do things we need to do and not upset the neighbors. So you have to work with the people around you, they might not think the same way you are thinking but you still need to get on otherwise it is always going to be hard. »

The FERN helps changing mentalities

« I think it helps people, instead of thinking straight ‘I’m gonna buy it’, to think in a more creative way, ‘how can I do this instead of buying it ?’, maybe you can use or borrow something else. It’ just a different way of thinking. And it is helping bring people together who maybe don’t have the money to buy it. It makes it very cool to be here, and it’s cool to do it in a different way and not to spend the money. »

The FERN creates a local community

« I think the dinners, the welcoming and inclusive space are really important for everybody who comes here. We need the whole community feeling empowered, feeling included, we need to learn to switch the TV and learn how to talk to each other because I think this is what you need to do in order to work together to do things differently and more sustainable. We have to learn to communicate in a good way. »

The FERN spreads hope

«  I’m really proud that it is self-supporting, because it means that you can do it anywhere. Any bloc of land, any building, anywhere ! You can bring enough money to pay the bills, we have a lot of freedom on what we do and it means it can be done anywhere.

Just tell everybody about us and people are always welcome to come and be a part of this community. It is the way I like to travel, is to go and to give my time somewhere and we get to know new people. So let everybody know ! And thank you for what you do too, you’re putting the message out there and connecting people ! »

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