La saga des abeilles – Chapitre 2

Chapitre 2 : L’apiculture

 

C’est reparti pour la saga apicole ! Aujourd’hui on vous parle apiculture. Tout, tout, tout, vous saurez tout sur l’apiculture.

Petit rappel: les abeilles vivent dans la ruche (enfin les abeilles domestiquées, sinon dans la nature on les trouve dans les troncs d’arbres, entre des rochers, derrière un volet, dans un grenier…). À l’état naturel, les abeilles construisent des rayons en cire, constitués de nombreux petits trous appelés alvéoles. Les abeilles ont trouvé le moyen d’optimiser au mieux l’espace puisque la géométrie des alvéoles permet d’utiliser moins de cire pour un maximum de stockage ! Ainsi, les apiculteurs utilisent aujourd’hui des ruches composées de cadres en bois, auxquels les abeilles vont construire des rayons en cire. Les abeilles organisent leur travail et leur stockage toutes seules mais ce type de ruche permet à l’apiculteur de faciliter son travail en limitant son impact dans la ruche. Lorsqu’un rayon est bâti, les abeilles peuvent ensuite y stocker la nourriture (miel et pollen) puis la reine peut y pondre les œufs. Un trou, un œuf, une future abeille !

Voile, chapeau, gants, combinaison blanche et enfumoir, voici son attirail. Pour rendre la visite du rucher moins périlleuse, l’apiculteur s’habille en blanc. Cela apaise les abeilles, contrairement au noir qui les énerve. Ensuite, pour les prévenir d’une intervention extérieure, l’apiculteur utilise un enfumoir. La fumée va alerter les abeilles d’une situation anormale. Elles vont s’y préparer en se gorgeant de miel et en se regroupant dans la ruche. À priori, elles ne peuvent pas sortir leur dard quand leur jabot (poche où elles vont stocker le nectar, le miel) est rempli ! Donc toutes ces précautions engendrent peu de risques de piqûre pour l’apiculteur.

L’apiculteur, ce gourmand, récoltera l’excédent de miel issu du travail des abeilles ouvrières. Nous parlons ici des apiculteurs qui respectent leurs abeilles et qui s’occupent d’elles avec passion et amour. Avec l’industrialisation de l’apiculture qui permet de produire le “miel” que l’on connaît en grande surface, les abeilles ne sont considérées qu’au rang d’insectes, bonnes qu’à faire du miel (si on peut encore parler de miel). Dans ce contexte industriel, le doux liquide doré est tout simplement pillé par l’Homme, sans laisser une seule goutte de LEUR nourriture aux abeilles. Fort heureusement, il existe encore, et ça se développe, des apiculteurs très respectueux de leurs abeilles !

Le cycle de vie des abeilles et donc l’apiculture sont rythmés par les saisons et les floraisons, c’est pourquoi au cours de l’année le travail de l’apiculteur varie beaucoup.

Automne – Hiver: les abeilles hivernent, elles se rassemblent en grappe autour de la reine pour se tenir chaud, la population descend entre 10 000 et 15 000 abeilles. Selon où se situent les ruches, par exemple dans le sud de la France ou dans les montagnes, le climat et la durée de l’hiver seront différents et les abeilles hiverneront différemment. C’est pourquoi de nombreux apiculteurs transhument leurs ruches, ils les descendent dans des zones tempérées où les hivers sont plus doux et courts.

Printemps – Eté: Au cours de cette période, les abeilles vont faire leur provision de miel et de pollen, polliniser et la reine va pondre. Dès les premiers rayons de soleil et les premières fleurs, les abeilles sortent butiner et la reine se remet à pondre. C’est le début d’une longue période de butinage où la ruche pourra accueillir jusqu’à 60 000 abeilles. Cette période est soumise aux floraisons mais surtout au climat, à la météo. Les apiculteurs peuvent transhumer leurs ruches au cours de l’été pour ensuite proposer une diversité de miel. Placer des ruches proches des cultures de lavande, proche des forêts de châtaigniers, près des rivières pour les acacias, etc. Au fil des floraisons, l’apiculteur place des étages sur les ruches, appelés hausses. Ce sont des caisses composées de rayons cires bâtis par les abeilles mais plus petits que ceux du corps de la ruche. Les hausses seront le lieu de stockage du miel produit au cours de la saison. Tant qu’il y a des fleurs, les abeilles produisent du miel, dans des quantités parfois astronomiques. Jusqu’à 15 kg par hausse. Les bonnes années, avec des conditions météorologiques optimales, l’apiculteur peut poser jusqu’à 4 hausses sur une ruche, autant dire 50 kg de miel ! Puis à la fin de la floraison, l’apiculteur récupère le surplus de miel produit par les abeilles en enlevant les hausses. Il ne touche pas aux provisions des abeilles situées dans le corps de la ruche. Vient ensuite l’automne, les abeilles vont progressivement diminuer leurs sorties, la reine va arrêter de pondre et l’hivernage se mettra doucement en place.

Au cours de l’hiver l’apiculteur n’intervient que peu ou pas dans les ruches. Il a préparé les abeilles en veillant à leur laisser suffisamment de nourriture pour l’hivernage. Plus ou moins controversé, le nourrissage s’effectue de plusieurs méthodes. Certains apiculteurs n’hésitent pas à laisser du miel quitte à en avoir très peu pour eux. Mais cela s’observe chez les petites productions ou les apiculteurs amateurs qui s’occupent d’un rucher par passion et n’en vivent pas. D’autres nourrissent les abeilles avec un sirop de sucre, du pain, du candi… méthode qui est beaucoup plus rentable bien évidemment.

Au cours de l’automne il faut également s’assurer de la bonne santé de ses abeilles. Vérifier qu’il n’y a pas de parasites (varroa, teigne, frelon asiatique…), maladies (nosémose, loque…). Comme pour le nourrissage, il y a les pour et les contre, ceux qui traitent chimiquement et les autres naturellement. Ce sont des questions qui vont intervenir dans la question des productions biologiques.

Puis entre le printemps et l’été l’apiculteur va observer et surveiller ses ruches à de nombreuses reprises, vérifier qu’elles ne vont pas essaimer (quitter le ruche), que la reine se porte bien, poser des hausses, récolter… Il s’agit de la période la plus intense pour l’apiculteur.

Voici un bref aperçu du métier d’apiculteur et du monde apicole mais nous sommes encore loin d’en avoir fini avec ces petites merveilles de la nature ! Oui aujourd’hui tout le monde connaît le miel et ses différentes propriétés mais une ruche regorge de substances produites, transformées et utilisées par les abeilles. C’est ce que nous verrons au prochain chapitre !

 

Julia

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