La saga des abeilles – Chapitre 3

Chapitre 3 : Les produits de la ruche

Quand il n’y en a plus, il y en a encore ! La saga apicole est loin d’être finie, aujourd’hui vous allez en apprendre plus sur les merveilleux produits que l’on trouve dans une ruche.

Qu’est-ce qu’une abeille peut bien amener et utiliser dans la ruche ? Quatre miracles de la Nature, le pollen, la propolis, le nectar et un peu d’eau pour hydrater les quelques milliers de sœurs qui grouillent à la maison. Elles transforment ensuite certains produits pour obtenir de la cire, de la gelée royale et du miel. Allons voir d’un peu plus près toutes ces substances.

  • Les éléments apportés à la ruche par les abeilles butineuses :

Le pollen

Petits grains microscopiques présents dans les fleurs que les abeilles récupèrent au niveau des étamines. Le pollen est à la fois primordial pour les plantes et pour les abeilles. Dans le cas des plantes, il permet de féconder les petits ovules présents sur le pistil des fleurs, qui deviendront des graines et ainsi obtenir de nouveaux végétaux. Et dans la ruche, il sert à nourrir les larves d’abeilles. Le principe est simple : les abeilles sont poilues et lorsqu’elles se posent sur une fleur, involontairement du pollen s’accroche à leurs poils. En s’arrêtant sur d’autres fleurs, le pollen tombe sur les pistils et voilà il y a POLLINISATION. Voilà comment les abeilles se retrouvent INDISPENSABLES à la vie sur Terre et je pèse mes mots. Mais comment le ramène-t-elle à la ruche me direz-vous ? Une fois de plus la nature est bien faite puisque les abeilles possèdent des petites brosses et corbeilles à pollen sur leurs pattes arrière. La brosse sert à récupérer le pollen et la corbeille à le stocker. Encore plus fou, puisque leurs pattes du milieu sont munies d’un crochet qui sert à détacher la pelote de pollen lorsqu’elles arrivent à la ruche, pour le placer dans les alvéoles. Extraordinaire n’est-ce pas ? Ainsi, elles remplissent des rayons entiers de pollen qui servira à nourrir les larves.

Pour l’homme, on retrouve le pollen sous forme de petites graines jaune – verdâtre en tant que complément alimentaire hyper-protéiné. Ses propriétés nutritives, riche en acide aminés, vitamines et minéraux permettent souvent de le qualifier comme un produit miracle, ou de super aliment. Pour le moment, bien peu de données scientifiques appuient ces affirmations… Vous pouvez toujours essayer de faire une cure, vous verrez quelques changements !  Prenez garde, ce n’est pas pour le goût que l’on en vante ses mérites !

Parenthèse scientifique : le pollen est actuellement très utilisé pour l’étude du climat passé, on appelle cette science la palynologie. En effet les scientifiques récupèrent des sédiments (dépôt rocheux ou organique laissé par les eaux, le vent, la glace et autres) et parfois ils y retrouvent des grains de pollen extrêmement anciens (de quelques milliers à millions d’années). En déterminant à quelle espèce pouvait appartenir ce pollen, on peut savoir quelles plantes vivaient à cette époque. L’espèce végétale dépend du climat, un palmier ne pousse pas en Antarctique mais plutôt dans un climat chaud, donc on peut aider à déterminer le climat passé à partir de grains de pollen fossiles !

La propolis

Il s’agit d’une résine que les abeilles récupèrent sur les bourgeons de certains arbres comme le peuplier, le bouleau… Avec leurs petites pattes, elles grattent la pâte visqueuse, la mélangent avec un peu de leur salive puis la stockent dans les corbeilles de leurs pattes arrière (eh oui ! elles ne sont pas seulement réservées au pollen).

Dans la ruche, elles ne vont pas utiliser la propolis pour se nourrir, mais plutôt comme outil de réparation, de protection. C’est un peu comme leur mastic, elles vont boucher les trous, coller, enduire, pour étanchéifier au mieux la ruche. Elles se protègent à la fois des courants d’air, mais aussi des intrus, des bactéries, virus… Eh oui ! la propolis regorge elle aussi de propriétés miraculeuses, antibactériennes, antifongiques, antiseptiques, elle garantit une hygiène impeccable de la ruche. Pour la petite anecdote, les abeilles peuvent former un petit tapis de propolis à l’entrée de la ruche, lorsque les butineuses rentrent de leur périple, elles se frottent au tapis et ainsi se nettoient de toutes les impuretés extérieures. Toujours plus malines ces abeilles ! Encore plus fou, admettons qu’une petite souris ait fait son nid pour l’hiver dans la ruche, oui c’est tout à fait possible, les abeilles vont essayer de s’en débarrasser d’abord en la piquant pour la tuer, mais elles seront confrontées à un problème majeur : la taille de la bestiole. Impossible de l’extraire de la ruche. Vous vous doutez bien que les abeilles ont trouvé LA solution pour se protéger : la propolis. Eh oui ! les ouvrières vont de ce pas recouvrir la souris de propolis, elles vont embaumer son corps, comme les Égyptiens, bizarre. Le corps de l’intrus sera isolé par la propolis, pourra se décomposer tranquillement sans porter atteinte à la ruche !

C’est en s’inspirant des abeilles, que les Égyptiens ont commencé à momifier les corps. L’Homme ne cessera jamais de reproduire les petites astuces de la Nature et notamment des petites mouches à miel.

Le nectar (l’élément secret)

Vous allez voir, tout part du nectar. Ce liquide sucré est sécrété par des glandes nectaires, situées au plus profond de la fleur. L’abeille l’extrait avec sa petite trompe en forme de cuillère. Elle va le stocker à l’intérieur de son abdomen, dans un réservoir appelé le jabot. Au cours du voyage jusqu’à la ruche, le nectar va subir tout un tas de transformations chimiques.  Rendez-vous un peu plus loin pour en savoir plus sur cette petite merveille…

  • Les éléments transformés ou produits par les abeilles ouvrières :

La cire

Attention les pros de la maçonnerie débarquent ! Rappelez-vous, au cours de leur vie,  les abeilles ouvrières passent par le métier de bâtisseuse. Elles produisent de la cire à partir de glandes cirières qui se développent au niveau de leur abdomen. La cire sort en petites écailles que les abeilles vont agglomérer pour bâtir l’intérieur de la ruche. Elles s’accrochent les unes aux autres pour former des chaînes pendantes dans la ruche. Puis, elles se passent de pattes en pattes les écailles pour construire les rayons. Pour rappel, la ruche est constituée de rayons en cire, composés d’alvéoles qui seront remplies au fur et à mesure de la saison par du couvain (les œufs), du miel et du pollen. Il ne leur faut pas moins de 7 à 10 kg de miel pour produire 1 kg de cire ! Les écailles de cire sont transparentes, incolores, puis les abeilles les mélangent à du pollen, de la propolis, ce qui va colorer la cire, plus ou moins jaune ou brune.

Utilisée depuis le Moyen-Âge pour fabriquer des chandelles et bougies, la cire d’abeille a encore aujourd’hui de nombreux usages pratiques.

Tout d’abord l’apiculteur la récupère et c’est le cirier qui va la fondre pour en faire des feuilles de cire gaufrée. Tout simplement pré-imprimer des alvéoles qu’il fixe sur des cadres. Les abeilles n’ont plus qu’à reconstruire leurs rayons à partir des alvéoles préconstruites. Le cirier peut également faire des bougies, de l’encaustique (pour le traitement et l’imperméabilisation des meubles en bois, cuir…).

Ensuite, l’industrie utilise actuellement la cire dans les cosmétiques (dans les crèmes, rouges à lèvres…), dans les médicaments, comme additif alimentaire (sous le numéro E901).

Ses propriétés hydrophobes et antibactériennes en faisaient l’un des principaux ingrédients, avec la propolis, de la momification par les embaumeurs égyptiens.

La gelée royale

Cette substance blanchâtre aux reflets nacrés est sécrétée par les jeunes abeilles nourrices. Ce sont des glandes situées dans la tête des abeilles (les glandes hypopharyngiennes et mandibulaires) qui produisent la gelée royale. Les abeilles ne la stockent pas dans la ruche, elles en mettent dans les alvéoles pour nourrir directement les larves et la reine. Pour rappel, pendant les trois premiers jours, les larves sont nourries de gelée royale, puis de bouillie miel-pollen. Alors que la reine est nourrie toute sa vie à la gelée royale.

Cette substance n’est présente qu’en très faible quantité dans la ruche. Ce sont des apiculteurs spécialisés qui la produisent en faisant des élevages de reines. Le principe est d’imiter et d’exploiter le comportement naturel de la ruche.

Riche en eau, lipides, protéines, acides aminés et vitamines, elle intéresse les chercheurs pour ses vertus nutritionnelles et médicinales. Rien de tel pour se préparer à affronter l’hiver qu’une bonne cure de gelée royale à l’automne !

Le miel

FLASH INFO: le miel est issu du nectar présent dans les fleurs. Quoi ?? Les abeilles ne récupèrent pas le miel sur les fleurs ??? Eh bien non ! le miel est un produit transformé par l’abeille. Avis à tous les gourmands, Mesdames et Messieurs, le miel n’est autre que du cracha d’abeille ! Explications :

Tout part donc du nectar. Ce liquide récupéré et transformé chimiquement par l’abeille. En effet, le nectar va être régurgité de nombreuses fois et transmis d’abeille en abeille. Il va alors subir de nombreuses modifications grâce aux sucs digestifs et aux enzymes présents dans le jabot des abeilles. Tout d’abord, au cours du trajet entre les fleurs et la ruche, la butineuse le régurgite plusieurs fois. Puis arrivé à la ruche, le nectar transformé n’est pas déposé directement dans les alvéoles mais il va être transmis d’ouvrière en ouvrière pour finir les transformations chimiques. Lorsque les abeilles jugent le liquide à leur convenance elles le stockent dans les alvéoles, au sein des rayons en cire. Mais ce n’est pas tout à fait fini. Le liquide est considéré comme du miel lorsque sa teneur en eau avoisine les 20 %. Ainsi, c’est à ce moment qu’apparaît le rôle des abeilles ventileuses (mais si, rappelez-vous, ce sont celles qui sont en âge de produire de la cire), en plus de refroidir ou réchauffer la ruche, la ventilation permet l’évaporation du surplus d’eau dans le miel ! Une fois que ce précieux liquide couleur or est identifié comme du miel, les abeilles ferment la cellule avec un opercule de cire pour le conserver et éviter qu’il coule dans la ruche. Petite astuce d’abeilles, elles construisent les alvéoles légèrement orientées vers le haut de la ruche. Voilà, vous savez tout sur le long processus de fabrication du miel. Pour rappel, dans la ruche il sert de nourriture pour les larves, les abeilles ouvrières et les mâles. La reine se nourrit de gelée royale.

Ne pas parler des propriétés de ce délicieux liquide serait un drame. Ainsi, TOUS les miels avant la récolte sont liquides, seulement après, ils sont tous soumis à un phénomène de cristallisation, plus ou moins rapidement. La cristallisation du miel n’intervient en aucun cas dans sa qualité !! Le temps de cristallisation dépend de deux caractéristiques : l’origine du nectar (intervient également dans la couleur du miel) et la température. Le nectar contient du saccharose qui est transformé en deux sucres par l’abeille, le fructose et le glucose. Plus un miel sera riche en fructose, plus il restera liquide longtemps, comme le miel d’acacia. À l’inverse plus un miel est riche en glucose, plus il cristallise vite, comme le miel de colza. La température influe également, plus un miel est stocké à la chaleur plus il reste liquide et inversement avec le froid. L’appellation du miel (acacia, châtaignier, de montagne, lavande…) dépend de l’emplacement des ruches. Si un rucher est placé près d’un champ de lavandes, les abeilles iront principalement butiner les fleurs de lavandes ! Bien entendu le miel ne sera pas issu d’un nectar 100 % lavande mais en majorité.

Il est intéressant de noter qu’au-delà de 40°C, le miel perd certaines propriétés, mais bon, un thé avec un peu de miel, comment ne pas être tenté ? Antiseptique, antibactérien, cicatrisant, il possède de nombreuses vertus. Même s’il est principalement utilisé aujourd’hui pour des maux de gorge, des cicatrisations et dans les cosmétiques, on ne sait plus vanter ses mérites. Déjà utilisé dans l’antiquité égyptienne, aujourd’hui on peut retrouver l’apithérapie dans plusieurs hôpitaux pour traiter et faciliter la cicatrisation des plaies (notamment le miel de thym ou de lavande, souvent associé à de la propolis).

Julia

 

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