LES OCÉANS ET LEURS FRONTIÈRES

INTRODUCTION

En parcourant le vaste monde et notamment quand je vivais en Océanie, j’ai souvent essayé de me rendre aux lieu de rencontre des océans, comme une quête pour trouver et voir ces frontières mystiques et magiques à mon sens. Je trouve en ces lieux une force et une puissance que je n’explique pas, qui me procure le même bonheur que quelques heures sur une planche de surf (si bien expliqué par Jéjé, « Pourquoi la mer nous fait du bien » ).

C’est pourquoi je me suis demandé mais qu’elles étaient vraiment ces frontières

En trois ans de voyage dans l’hémisphère sud, j’ai eu la chance de pouvoir vivre sur la côte de trois océans différents, le Pacifique, l’Indien mais aussi l’Océan Austral. À chaque découverte d’un nouvel océan je ressens la même excitation et je me demande souvent ce que différencie ces masses d’eaux, et comment les as t’on défini. Selon le référentiel dans lequel on se met l’océan peut prendre différentes définitions. En géologie cela représente la masse d’eau sur une croute océanique, de ce fait on pourrait en distinguer trois différents : l’océan global, la mer caspienne et la mer noire.

Cape Leeuwin, rencontre de l’Océan Indien et Austral (Source : photo de Anna Righi)

 Dans le référentielle de notre planisphere on distingue 5 océans, avec des frontières continentale. Ces cinq océans sont l’Atlantique, le Pacifique, l’Indien, l’Arctique et l’Austral (ou Antarctique). 

Il est courant de voir sur internet des images “chocs” où l’on peut voir deux masses d’eaux de couleurs différentes formant une réelle frontière, avec des titres comme “la rencontre des océans”, mais qu’en est il vraiment, existe t’il un réel point de rencontre où ces océans ce séparent avec un barrière physique visible à l’oeil nu ? 

C’est dans cet article que j’essaierai de présenter les Océans qui nous passionnent tant chez les Vagues à Bonds, avec un intérêt special sur les frontières océaniques. En espérant vous intéresser à l’élément le plus abondant sur notre bonne vieille planète Terre ! 

1 – LE SYSTÈME OCÉANIQUE MONDIAL

Si on prend une goutte d’eau à n’importe quel endroit sur Terre, on peut imaginer qu’elle à vu plus du monde qu’il ne sera jamais possible de voir à un humain ! Je ne vais pas te faire un cours élémentaire sur le cycle de l’eau en détail, mais pour rappel l’eau passe dans plusieurs composantes du système climatique, sous différents états (vapeur, liquide, solide), et voyage donc à travers nos montagnes, nos plaines, nos océans et aussi notre atmosphère.

Source : USGS Georgia Water Science Center
Illustration by John M. Evans, Howard Perlman, USGS French translation by Monika Michel, Agence de l’Eau Artois-Picardie, France — http://ga.water.usgs.gov/edu/watercyclefrenchhi.html

Mais la goutte d’eau dans l’océan parcours un voyage tout aussi extraordinaire, en suivant ce qu’on nomme la circulation thermohaline, qu’on définit comme la circulation océanique engendrée par les différences de densité de l’eau de mer. 

Ici on nommera notre goutte d’eau Justine, et on va suivre son grand voyage dans les courants. 

Le point de départ du voyage de Justine se fera dans le grand nord, en arrivant de l’Atlantique vers l’Arctique, les masses d’eaux vont se densifier et plonger vers le fond de l’océan, en s’écoulant en profondeur le long de l’Atlantique. En arrivant au Sud vers l’Antarctique, Justine va continuer son voyage vers l’est en continuant sont périple dans le fond de l’Océan Austral (si particulier de part sa circulation circum-polaire autour du continent), puis elle visitera ensuite la Mer de Tasman, la Mer de Corail et Justine finira par rejoindre le Pacifique nord toujours tapissée au plancher océanique. Arrivée au Nord du Pacifique notre aventurière Justine reviendra en surface pour redescendre les côtes d’Amérique du Nord, puis se rendra dans l’Océan Indien en visitant d’abord les îles tropicales, se faufilant entre l’Indonésie, les Philippines et la Papouasie Nouvelle-Guinée. Son voyage aventureux se continue en Océan Indien jusqu’à Cape Town, au sud de l’Afrique, puis remonte en Atlantique jusqu’à la Mer des Caraïbes. La fin de son tour du monde se fait à travers le Golf Stream, qui la propulsera sur les côtes Atlantique Européennes et finira par remonter jusqu’à son point de départ, l’Océan Arctique

Quelle fabuleux voyage que ce tour du monde, qui ne prendra pas moins de 1500 années à notre globe trotteuse préférée, Justine la goutte d’eau ! Une vraie Vague à Bonde celle là. 

Source : http://la.climatologie.free.fr/ocean/trajectoire-particule-dans-ocean.gif

Dans la réalité cette circulation ne possède ni début ni fin, et les mouvements des masses d’eaux sont bien plus complexes et soumis à de nombreuses forces, qui ne sont pas linéaire et que je ne vais pas developper ici au risque de me perdre et de te perdre par la même occasion. Mais si l’envie de connaître différents principes d’océanographie te prends je listerai quelques ouvrages scientifiques à la fin de ce récit, en commençant par notre ami Wikipedia qui résume bien la circulation thermohaline.


Mais alors si on peut suivre une goutte d’eau à travers l’Océan Global, comment peut on définir des frontières entre les océans, et que représentent vraiment ces zones de rencontres ? Justine devra t’elle s’affranchir de visa au poste de douane à chaque changement d’océan ?

2 – CHAQUE OCÉAN EST SINGULIER

La circulation thermohaline est déterminée par les différences de masses d’eaux, et leurs mouvements dus aux forces engendrées par la rotation de la Terre. La force de Coriolis est à la base de ces mouvements, s’en suit alors différentes forces dues à la circulation atmosphérique, à l’action des vents sur la surface ou encore la force d’Ekman sur la colonne d’eau.
Ce bilan de force va mettre en mouvement les masses d’eaux, qui s’écouleront différemment dans l’océan global selon ce qu’on nomme « la signature« .
La signature d’une masse d’eau permet de reconnaitre l’origine d’un échantillon d’eau de mer, à partir de sa température et de sa salinité. Chaque masse d’eau à donc une signature propre, qui déterminera son origine.

« Temperature and salinity can be used to identify water masses because (as mentioned in Section 4.2.4) they are conservative properties, that is, they are altered onh’ by processes occurring at the boundaries of the ocean; within the ocean, changes occur only as a result of mixing with water masses having different characteristics. Non-eonservative properties, on the other hand, are subject to alteration by physical, chemical or biological processes occurring within the oceans.« 

Ocean circulation second edition, par Evelyn Brown et al.

Tu sais maintenant comment on peut reconnaitre nos masses d’eaux, mais quelle est la différence entre chaque océan, peut on déterminer une signature singulière pour eux aussi ? 

Dans la réalité et la complexité du système Terre tout ça est bien évidemment soumis à plus de variables. Un océan ne possède pas une signature unique et est composé de plusieurs masses d’eaux, aussi bien de surface que plus en profondeur. Pour chaque point GPS on pourrait descendre un traceur le long d’une ligne dans la colonne d’eau, et notre traceur rencontrerais plusieurs masses d’eaux différentes. De même sur une ligne verticale à différentes profondeur de nos océans, notre traceur pourrait rencontrer différentes masses d’eaux.

3 – LES ZONES DE RENCONTRES 

3.1 – LES DIFFÉRENTES MASSES D’EAUX

Mais alors que sont ces fameuses frontières, représentent elles les rencontres de deux masses d’eaux ou de plusieurs différentes. Peut on réellement les observer.

les différentes masses d’eaux de surface possèdent donc bien des frontières physiques, qui sont bien plus nombreuses que les frontières des océans comme on les connais. Elle représente la zone ou deux masses d’eaux avec des signatures différentes vont se rencontrer et se mixer, ces frontières ne sont pas des lignes visibles à l’oeil nu où l’on peut différencier les volumes, mais des barrières ou apparaissent des mix de volumes, qui peuvent s’étendre et prendre la forme de tourbillon sur plusieurs kilomètres. 

Les différences de salinité et température entre masses d’eaux de surfaces ont plusieurs origines, cela peut être les températures atmosphériques, l’apport externe d’eau douce, les zones d’évaporations importantes… Tout ces phénomènes jouent sur la composition de l’eau de mer et peuvent influencer sur sa densité et donc sa signature. 

Distribution globale des masses d’eaux de surface.
Source : Ocean Circulation, second edition par Evelyn Brown et al.

3.2 – LES DÉLIMITATIONS ACTUELLES

Les délimitations que l’on connait ont donc une origine tout autre que les paramètres physiques océaniques, elles ont été déterminées par l’Organisation Hydrographie Internationale (OHI).


“L’hydrographie constitue la base de toutes les activités qui ont trait à la mer. L’Organisation Hydrographique Internationale veille à ce que toutes les mers, tous les océans et toutes les eaux navigables du monde soient hydrographiés et cartographiés, dans le souci d’assurer la sécurité de la navigation et  la protection de l’environnement marin. Elle coordonne les activités des services hydrographiques nationaux et fixe les normes afin de promouvoir une uniformité dans les cartes marines et les documents nautiques. Elle établit les meilleures pratiques et fournit des directives pour maximiser l’utilisation des données hydrographiques.” (https://iho.int)


Crée en 1921 comme bureau hydrographique international puis établie comme organisation intergouvernemental consultative et technique en 1967, elle a été crée afin de soutenir la sécurité de la navigation. L’OHI jouit du statut d’observateur auprès de l’Organisation des Nations Unies et est reconnue comme étant l’autorité compétente en matière d’hydrographie et de cartographie marine. En 2019 cette organisation comptait 86 membres. 

Cette organisation a donc délimité les cinq océans selon différents critères, plus géographiques que physiques. Pour chaque Océan l’OHI détermine différentes frontières, souvent à partir de point GPS terrestre allant d’un bout à l’autre de l’océan, ou des limites des mers internes.
L’océan Austral est le dernier océan à avoir été délimités dans les rapports de l’OHI, en effet dans Lors du rapport de 1928 l’OHI delimité la limite sud l’Océan Austral à la ligne de côte du continent Antarctique, à la limite nord aux limites terrestres sud des continents proche de l’Antarctique (Cape Horn – South America, Cape Agulhas – Africa, Cape Leeuwin – Western Asutralia, South East Cape – Tasmania, Broughton Island – New Zealand). Cette limite nord a par la suite été déplacé pour la seconde édition de “Limits of Oceans and Seas” par l’OHI en 1937.

Dans la troisième édition de 1953 l’Océan Austral n’apparait plus, car la limite nord était difficile à tenir selon les changements de saison. Dans les années 1950 on ne connait alors que 4 océans dans le monde et les limites sud des océans Atlantique, Indien et Pacifique sont déplacé plus au sud jusqu’au continent Antarctique. 

Ce ne sera que lord d’une enquête en 2000 que l’OHI posera la question de redéfinir l’Océan Austral à ces membres. Sur 68 membres 28 répondront à l’enquête, et 27 seront d’accord, répondant à l’importance porté par les océanographes à cet océan, si particulier de part ces courants.  La nouvelle limite nord est placé à 60°S avec la moitié des votes allant à cette décision. 

Les décisions de délimitation des océans sont donc régit par cette organisation, qui décide avec l’aide des états membres les frontières que l’on connait aujourd’hui. Ces frontières océaniques mais aussi celles des mers sont souvent modifiées et pas toujours tenu à jours par les pays. Par exemple, lorsque je me suis rendu au Cape Leeuwin en Western Australia j’ai pu voir un panneau montrant le point de rencontre de l’Océan Indien et l’Océan Austral. Même si cela n’est pas la frontière officielle elle représente quand même le point observable de rencontre de ces océans et permet aux spectateurs de rêver le rendez vous de ces deux masses.  

4 – CONCLUSION

Voilà un aperçu rapide de ce qui nous passionnent chez les Vagues à Bonds, même si on a aussi une géologue qui s’est perdu dans l’équipe et qui est toujours là pour nous ramener à la base de compréhension de notre système Terre (big up Juju). On a tous un amour particulier pour la mer et l’océan qui nous a poussé à un moment à suivre des cours d’océanographie. Même si seulement deux de l’équipe poursuivent leurs recherches (big up à Fran et Jiji) dans ce milieu, on à tous un respect profond et immense pour nos océans.

Baleine à bosse dans les Whitsundays, Australie.
Source : photo de Anna Righi


Ils représentent plus de 70% de la surface de la Terre et pourtant nos connaissances de leurs fonctionnement et de leurs diversité n’est que minime, elles se concentrent sur nos côtes et sur les intérêts économiques que les océans peuvent nous apporter (matière première, tourisme, pêche.). Que rarement mis en avant, les océans sont le premier poumon de la Terre, il représente plus de 50% de la photosynthèse mondial, qui permet de capter le CO2 et de produire de l’oxygène. Avec des profondeurs allant jusqu’à 11000m les planchers océaniques offrent des adaptations de la vie comme on ne peut l’imaginer, et représentent un monde entier à découvrir. Toutes ces adaptations à des conditions extrêmes devraient inspirer l’Humain, et permettre de créer de nouvelles technologies plus efficace et plus respectueuse de l’environnement (le bio-mimétisme). Consacrer du temps et des moyens à la compréhension du changement climatique sur le système océanique est primordial aujourd’hui, avec une montée des eaux qui menaces des centaines d’archipel et de leurs populations insulaires. 

Il est grand temps de comprendre nos océans, de les respecter de s’en inspirer afin de mener une vie plus respectueuse de notre système Terre, qui nous permet de survivre depuis maintenant 300 000 ans (pour l’Homo Sapiens). 

Chaque engagement compte, avec les Vagues à Bonds on est persuadés que le premier pas pour changer nos habitudes c’est de comprendre le monde dans lequel on vit. Les sciences représentent la porte d’entrée dans cette compréhension du monde, et si nos petits articles de communication arrivent à te donner l’envie d’aller plus loin alors on aura tout gagner ! 

N’hésites pas à aller voir les “Pourquoi?” de notre copain Jéjé, qui adore t’expliquer d’où ton bonheur vient quand tu es sur une planche de surf, ou à l’arrivée de la pluie. Mais aussi Fran qui prend un malin plaisir à te simplifier des théories mathématiques d’écologie qu’on ne comprenait pas durant notre master. Si tu veux t’intéresser au monde merveilleux des abeilles ou comprendre pourquoi le soleil est si important je ne peux que te conseiller notre Juju géologue. 

Suit les projets de nos copains Nathan et Dédé, qui ont des connaissances si précieuses en gestion de l’environnement et adaptation écologiques.
Et enfin notre guide à tous, celle qui à toujours mille projets et qui les mènent tous d’une main de maître, notre présidente Jenna qui te parle de ses copains les planctons ou de l’actualité en activisme écologique. 

Dans tous les cas j’espère que la curiosité scientifique te piquera, et qu’on pourra te compter  dans les rangs des Greens Warriors avec nous !

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