Les préparatifs

Enfin ! Le 11 décembre, nous avons amené les derniers gros instruments directement sur le Polarstern, mais ce qu’on a du mal à imaginer, c’est qu’il y a 1 an de travail en amont. Une expédition de cette ampleur, c’est une organisation énorme et ajouter à ça quelques rebondissements, ce fut des derniers mois très intenses en préparation …

Sur le bateau c’est environ 100 personnes, divisées entre l’équipage et les scientifiques. Les scientifiques sont aussi divisés en plusieurs sous-groupes selon le domaine étudié: physique, biologie ou chimie, mais aussi en termes d’éléments: sédiment sous-marin, glace ou eau….

Photo: ©Réserve personnelle – Jenna Balaguer

Mon groupe à moi c’est : Les cycles biogéochimiques dans la mer de Weddell (je reviendrai en détail là-dessus dans un prochain article), et nous sommes 5 à couvrir cette thématique. Cela veut dire que nous serons responsables des prélèvements dédiés à la biogéochimie et que ces données seront partagées pour que d’autres scientifiques puissent étudier ces processus. 

Il y a un an maintenant, nous avons eu la confirmation que nous allions avoir une place sur cette expédition PS124, et là a commencé la partie organisation. Dans un premier temps, avec tous les membres de l’expédition il faut élaborer l’itinéraire (transect) et les stops (stations) que le bateau fera pour faire les prélèvements. Nous allons partir et revenir à Port Stanley (îles Malouines), traverser le Passage de Drake et se “balader” dans la mer de Weddell.

Ensuite, il faut penser aux types de prélèvements que l’on veut faire en fonction de la problématique étudiée à chaque station et en fonction de ça, on peut élaborer une liste du matériel nécessaire. Pour chaque type de prélèvements (paramètres), on ne va pas utiliser le même type de contenants (petites bouteilles, flasques, eppendorf, etc.).  Il faut penser à tout pour une telle expédition, tout ce dont nous aurons besoin pour faire de la science presque 24h/24h pendant 2 mois, sans aucun autre accès.

Envoi du convoi sur le Polarstern (Novembre 2020)
Photo: ©Réserve personnelle – Jenna Balaguer

Mais entre-temps, il y a eu beaucoup de changements liés à la Covid-19 … et nous avons été certains de partir seulement en août et à partir de là nous devions envoyer la majorité de notre convoi avant fin octobre sur le Polarstern… C’est là que le marathon a commencé pour tout préparer. C’est environ une soixantaine de boîtes et une dizaine de gros instruments de mesure qui ont été envoyés à bord.

Dans notre groupe, nous étudions les métaux traces dans l’eau (le fer, le manganèse, le cobalt, le cuivre…) cela demande que TOUS nos instruments et le matériel pour prendre des échantillons soient très très très propres, car la probabilité de contaminer nos échantillons est très grande. On mesure des concentrations de métaux traces environ de l’ordre du nano (1 nano = 0.001 mili). Pour cela nous avons des protocoles de nettoyage qui durent environ 2 semaines. C’est là que c’est devenu compliqué dans l’équation : seulement 2 mois pour nettoyer tous nos instruments et matériel de prélèvements… Pour vous donner une idée, c’est environ 700 petites bouteilles de 125mL qui ont dû être nettoyées pour prélever le fer pendant l’expédition…  Et ceci n’est qu’un article sur trois cents autres…. 

On se retrouve dans un prochain article pour parler de ce que mon groupe et moi-même allons faire comme recherche pendant l’expédition! 

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