Grèce

Récit de notre volontariat en Grèce au sein de l’association « Katelios Group » pour la préservation de la tortue marine Caouanne (Caretta caretta

— La Recherche —

Quand on s’est décidé à passer un mois en tant qu’éco-volontaire dans une association engagée dans la protection de l’environnement marin, on a tout de suite pensé à des destinations lointaines  et exotiques comme l’Asie, ou l’Amérique centrale et l’eldorado du volontariat écologique qu’est le Costa Rica. Cependant, après quelques recherches sur le net, on s’est rendu compte qu’on avait pas forcément besoin de traverser le globe pour trouver des missions intéressantes.

Notre attention s’est donc petit à petit portée sur le bassin méditerranéen, puis plus précisément sur la Grèce, pays passionnant par son histoire et sa mythologie, mais également fascinant pour sa diversité en faune marine. On peut observer entre autre dans ces eaux des cétacés comme les dauphins communs, les globicéphales, mais également une des rares populations de cachalots de méditerranée. Enfin, sur un petit nombre d’îles grecques, on trouve les lieux de pontes de la tortue marine Caouanne (Caretta caretta, pour son petit nom scientifique). Étant très intrigué par le sort des tortues marines de méditerranée, on a ciblé nos recherches sur les associations présentes en Grèce et s’occupant de la protection de ces Cheloniidae – nom un peu barbare de la famille à laquelle elles appartiennent.

En épluchant les résultats du web, quelques associations revenaient régulièrement comme Archelon ou Wildlife Sense, mais on n’arrivait pas à accrocher avec elles notamment parce qu’elles ne correspondaient pas à ce que l’on recherchait : une petite structure, gérée par des locaux, indépendante et surtout éloignée du business de l’éco-volontariat où des coûts de participation assez élevés peuvent être demandé. En gros, on cherchait un truc véritable, où on serait vraiment impliqué.

La fameuse tortue Caouanne (Caretta caretta) nageant dans le port d’Argostoli

On est finalement tombé sur un site web écrit en moitié grec – moitié anglais, celui d’une petite association ayant pour nom « Katelios Group for the Research and Protection of Marine and terrestrial Life », menant un programme de recherche pour la protection de la fameuse tortue Caouanne sur l’île de Céphalonie, à l’ouest de la Grèce dans la mer Ionienne. Après avoir fouillé le site à la recherche de plus amples informations, et étant un peu perdu, on s’est résolu à contacter la présidente de ce groupe, Katerina Xenopoulou. Dès les premiers échanges de mail, on a senti quelque chose chez elle et qui nous a décidé : on ira donc camper dans son jardin et l’aider dans son programme de recherche.

— Le Voyage —

Une fois nos examens terminés, nous nous sommes ainsi mis en route pour l’île de Céphalonie à partir de Toulon dans le Var, tout ça avec la robuste Toyota Yaris de Jenna. Il nous fallait traverser l’Italie, prendre un ferry à Ancona, naviguer dans la mer Adriatique, rejoindre la ville d’Igoumenitsa en Grèce, rallier la ville de Astakos, reprendre un ferry nous permettant d’accoster au nord de l’île de Céphalonie pour enfin la traverser et arriver sans encombres à Katelios. C’était le plan, et ça sonnait comme un bon début pour nos aventures grecques !

Sur la route en direction d’Astakos

C’était sans compter sur les panneaux de signalisation écrits en grec et qui nous ont valu quelques « petits » détours. Heureusement, la gentillesse des grecs nous a permis de rejoindre le port d’Astakos … mais 3 minutes trop tard, le ferry journalier ne nous a pas attendu pour lever l’ancre et a pris le large juste devant nous. Tant pis, on attendra le lendemain ! Bon, il faut être honnête, il n’y avait pas grand chose à faire autour de ce petit village, mais ce qui est bien avec le voyage, c’est qu’on ne s’ennuie jamais. Ça sera donc jeux de cartes et lecture.

Petite nuit à Astakos en attendant le ferry du lendemain, sympa la vue

On a finalement pu atteindre l’île désirée le lendemain à la tombée de la nuit. Nouveau problème : impossible de joindre Katerina et il nous restait une bonne heure et demi de route pour atteindre Katelios au sud de l’île. Qu’à cela ne tienne, on prend la route de nuit et on verra là bas sur place. Sauf qu’une fois sur place, on n’était pas plus avancé, Katerina ne répondait toujours pas et tout les commerces étaient fermés. On décide donc de dormir dans la voiture en face du centre de sensibilisation du Katelios Group en se disant qu’on tombera bien sur quelqu’un le lendemain. On s’endort donc fatigué et pour une courte nuit, mais vraiment heureux d’être arrivé !

Centre d’informations du Katelios Group, extérieur
Centre d’informations du Katelios Group, intérieur

— La Rencontre —

Le lendemain, on se décide à sonner chez Katerina n’ayant pas eu de nouvelles d’elle de la nuit.  Après quelques minutes d’attente, elle nous ouvre sa porte, les yeux fatigués mais avec un très large sourire en nous souhaitant la bienvenue chez elle avec un accent anglais revisité à la sauce grecque et une joie très communicative. Elle s’excuse de ne pas avoir pu nous répondre la veille car elle était en patrouille de nuit à entrainer les quelques autres volontaires. Après les présentations, elle nous conduit chez sa fille, Marilena, qui tient un petit « Bed and Breakfast » plein de charme, pour prendre un petit déjeuner salutaire et pour nous parler du projet. On a tout de suite senti une femme forte, pleine de convictions et engagée à 200% dans son association.

— Notre implication —

Dès les premiers jours, nous nous sommes senti comme chez nous. Nous avons planté la tente dans le jardin de Katerina à l’ombre d’un olivier, au milieu de ses poules et de ses chèvres. C’était simple, c’était « roots », c’était pile poil ce qu’on recherchait.

Camping chez Katerina

Le programme de recherche sur les tortues comprenait de faire des patrouilles de nuit, des patrouilles de jour, de la sensibilisation auprès des touristes pour qu’ils comprennent les dangers auxquels font face les tortues et pour qu’ils adoptent les bons gestes. Toutes ces tâches étaient réparties entre les quelques volontaires, c’est à dire 7 finlandaises, Jenna et moi.

La patrouille de nuit était la mission qui nous excitait le plus, il s’agissait de patrouiller sur les quelques 2 kilomètres de plage de Mounda beach dans la baie de Katelios, lieu de ponte privilégié des tortues sur l’île de Céphalonie. Tout ça entre 22h et 6h du matin, sans lumières et en binôme : une vraie aventure ! Le but principal de ces patrouilles était d’enregistrer l’activité de nuit des tortues, de les identifier par la pose d’une bague sur la nageoire arrière droite pour les tortues non marquées, ou de relever le numéro de la bague posée quelques années auparavant. Des mesures de la carapace des tortues, de la durée de la ponte, du nombre d’oeuf et de la position des nids étaient également collectées. Nous avons rapidement pu mener ces patrouilles Jenna et moi en binôme, et c’était vraiment une bonne dose d’adrénaline. Il nous fallait faire des aller-retours de la plage, avec une demi-heure de pause après chaque traversée qui nous prenait environ une heure s’il n’y avait pas d’activités de tortues. En une nuit calme, on pouvait faire jusqu’à 4 aller-retours. Lorsque nous rencontrions des traces de tortues sur la plage pendant la patrouille, nous sentions tout d’abord une énorme poussée d’adrénaline, mais il fallait se re-concentrer pour ne pas se faire repérer par la tortue et la déranger dans sa ponte. Il nous fallait alors ramper le long de la trace jusqu’à apercevoir la tortue, puis il fallait déterminer ce qu’elle faisait, était-elle en train de creuser son trou, ou de pondre, ou était-elle sur le chemin du retour pour retrouver les flots ? Le seul moyen de savoir était de tendre l’oreille et de rester patient malgré le mélange d’excitation et de crainte que nous ressentions à chaque rencontre. On pouvait ainsi passer une demi-heure pour comprendre ce que la tortue faisait. Une fois certain que la tortue était en train de pondre, nous pouvions allumer nos lumières rouges – couleur que la tortue ne perçoit pas puisque ces longueurs d’onde sont atténuées dès les premiers centimètres dans l’océan – et commencer le protocole.  En effet, durant la petite demi-heure que la tortue prend pour pondre, celle-ci est dans une sorte d’état de transe, ce qui permet de faire nos mesures sans qu’elle soit dérangée. Quelle expérience de voir de ses propres yeux une tortue pondre, et de voir ses célèbres larmes couler, reflétant l’extrême libération qu’elle semble éprouver en permettant la survie de son espèce !

Les nuits les plus excitantes restaient les meilleures, on n’oubliera pas cette nuit où nous avons repéré une bonne dizaine de traces de tortues, identifié 4 Caouannes dont 2 que nous avons du taguer, il y a eu tellement d’activité que nous n’avons pas vu passer la nuit ! Le souvenir de notre rencontre avec une tortue à la nageoire arrière gauche(droite?) manquante et qui essayait tant bien que mal de creuser un trou pour y loger ses oeufs restera également gravé dans nos mémoires. Le lendemain de la rencontre avec cette tortue à 3 nageoires, nous avons du replacer ses oeufs dans un nouveau trou que nous avons du creuser, puisque ceux-ci étaient enfouis trop peu profondément dans le sable et risquaient d’être découverts ou piétinés. Les tortues creusent avec habilité, en s’aidant de leurs 2 nageoires arrières, un trou dans le sable de forme sphérique avec un col resserré par où elles peuvent y placer leurs oeufs. Et on ne s’imagine pas la complexité d’une telle tâche avant d’avoir expérimenter d’en faire de même. Une fois la patrouille de nuit effectuée, nous prenions un repos bien mérité après une bonne nuit blanche souvent chargée en travail et en émotions !

Lorsque nous n’étions pas de patrouille de nuit, nous étions de patrouille de jour. La tâche consistait à marquer de manière précise les évènements auxquels le binôme de la nuit dernière avaient assistés. Nous repérions par un système de triangulation les nids et tentatives de nid de la veille de manière à les retrouver lors de l’éclosion des oeufs environ 90 jours plus tard. Nous en profitions aussi pour nettoyer la plage classée zone Natura 2000, statut de protection européen.

Traces de tortue – Mounda Beach
Mesures des traces de tortues – Mounda Beach
Déplacement d’un nid – Mounda Beach

   Jenna et moi étions également en charge des patrouilles de jour sur deux autres plages, dont une  difficilement accessible, Lefka beach, que nous rallions soit en faisant 2h de kayaks, ou par une bonne heure de marche. Les activités des tortues sur cette plage de moins d’un kilomètre de long et sans aménagements humains n’étaient pas suivie quotidiennement à cause de son isolement mais d’après Katerina, cette plage semblait être le deuxième lieu de ponte le plus important de l’île. Cela contrastait avec la troisième plage dont nous nous occupions, Skala, dont le front de mer est complètement artificialisé et construit. On y trouve des magasins, des bars, des restaurants sur la plage, et même une boîte de nuit. Or ces activités humaines dérangent beaucoup les tortues qui sont très sensibles à la pollution sonore et lumineuse. Ainsi années après années, les tortues ont été de moins en moins nombreuses à fréquenter cette plage. La collecte de données sur cette plage était donc cruciale pour mesurer au cours du temps l’impact des activités humaines sur la ponte des tortues.

C’est parti pour la plage de Lafka à 2 heures de kayak
Même protocole, plage différente – Lefka Beach

Il était aussi fréquent de rencontrer des touristes intrigués par ce que nous faisions, notre mission était donc de leur signaler la présence de nids de tortues, ou même de tortues tout court puisque une bonne proportion de touristes ignoraient leur existence en méditerranée. Pour informer et sensibiliser les gens, nous tenions un stand d’informations sur la plage et nous organisions également des présentations gratuites et ouvertes à tous le soir au local du groupe qui regorgeaient d’informations sur le comportement des tortues. Ces moments de rencontres avec les touristes nous permettait de leur présenter les menaces auxquelles les tortues étaient confrontées et quels sont les gestes à adopter pour réduire au maximum notre impact sur elles.

Répétition de la présentation ouverte à tous sur les tortues

— Les Menaces —

Les tortues Caouannes sont confrontées aux activités humaines sur cette île comme de part le monde. Bien qu’elle ne soient plus chassées, le développement des activités anthropiques dans la deuxième moitié du XXème siècle a engendré un recul du nombre de sites de ponte disponible. Or les tortues sont très fidèles à la plage sur laquelle elles pondent, elles retournent toujours sur la plage sur laquelle elles sont nées. Et si cette plage subie de lourdes modifications, celles-ci ne peuvent plus permettre à leur espèce de survivre.

Les menaces sur cette île sont de plusieurs types et dérangent les tortues à différents stades de leur vie. Celle à laquelle nous avons été le plus confronté est la présence de parasols et de transats laissés sur la plage la nuit venue par les restaurants. Or ceux-ci peuvent gêner la progression de la tortue sur la plage en devenant un obstacle infranchissable pour elles. Il est déjà pénible pour les tortues de trainer leur poids en dehors de leur habitat de prédilection, et d’être à la merci d’hypothétiques prédateurs, alors si elles rencontrent en plus un obstacle, elles peuvent choisir de rebrousser chemin pour ne pas se mettre en danger, et pire, relâcher leurs oeufs dans l’eau, condamnant leur descendance à une mort certaine. Les constructions de sable constituent en ce sens également des obstacles qu’il est bon de détruire avant la nuit. Bon c’est vrai que ça peut être frustrant quand on a passé des heures à construire un beau château, mais c’est aussi son caractère éphémère qui en fait sa beauté !

Nous avons épaulé Katerina dans son combat contre l’industrie touristique, principal responsable de la mise en place des transats et des parasols sur la plage de Mounda. En effet, le statut de site Natura 2000 est théoriquement censé protéger cette plage d’aménagements humains, cependant, les quelques hôtels, restaurant, ou même des loueurs ambulant proposent la location de ces transats et parasols pour la journée. En cherchant à concilier tourisme et protection de l’environnement, Katerina leur a soumis la proposition de les enlever de la plage avant la tombée de la nuit, puis de les remettre au petit matin. Afin d’éviter de planter les parasols dans le sable, ce qui pourrait percer des oeufs enfouis dans le sable, et de condamner le nid entier, elle a également émis la possibilité d’utiliser un système de poids posé sur le sable. Katerina s’est malheureusement confronté à une majorité de contestataires, ne voulant pas changer leurs habitudes pour « si peu ». La difficulté de son combat est également accrue par l’étroite relation entre l’industrie touristique, les politiciens locaux et des forces de l’ordre sur cette île. Elle a ainsi essuyé bon nombre de menaces envers son association et les commerces de ses enfants tentant de la dissuader de mettre en place ces mesures. Cela l’a poussé à interpeller le ministère de l’écologie grec, ainsi que l‘Union Européenne, quand on vous dit que c’est un vrai combat !

Les tristements fameux transats illégaux accompagnés de traces de 4×4 – Koroni Beach

Les autres types de menaces auxquelles font face les tortues sont les pollutions sonores et lumineuses, surtout sur la plage de Skala dont on a déjà parlé. En effet, elles peuvent désorienter les tortues femelles venant pondre, mais également les nouveaux-nés, qui sont par instinct attirés par les sources lumineuses. Ce réflexe, adopté à la sortie du nid, est censé leur faire naturellement retrouver la mer à travers l’éclat de la lune sur l’eau et on peut comprendre comment la lumière d’un établissement côtier peut les attirer dans la direction opposée.

Les travaux tentant de rengraisser les plages au printemps, lorsque les houles hivernales les ont naturellement érodées, peuvent nuire à la qualité du sable dans lequel les tortues pondent. Or, le sexe des nouveaux-nés dépend de la température d’incubation, c’est à dire qu’un nid présent dans une portion de plage relativement plus chaude donnera naissance à une majorité de femelles, et vice-versa. Ce phénomène assez surprenant rend donc les tortues vulnérables face à un changement de la composition d’une plage en changeant sa température moyenne mais également en la rendant plus compacte, pouvant entrainer l’impossibilité d’y creuser des nids.

Tentative de nid (False crawl en anglais), demi-tour de tortue, a-t-elle été dérangée ?

Enfin, il n’a pas été rare de rencontrer des touristes sur la plage de Mounda lors de nos patrouilles de nuit, cherchant à observer de leur propres yeux des tortues pondre. Heureusement, il n’a pas été difficile de leur faire comprendre que dans l’interêt des tortues, pour ne pas les déranger plus que ce que notre travail le faisait, il valait mieux les laisser tranquille. Ces rencontres nous ont permis de voir que la sensibilisation est une bien meilleure solution que la simple répression.

— Les Victoires —

Ok, j’avoue que j’y suis peut-être allé un peu fort sur le dernier paragraphe, mais si j’ai parlé des menaces, c’est pour mieux mettre en avant les solutions et les victoires qu’elles ont amené. Tout d’abord, on a vraiment observé, et ce fait a été confirmé par Katerina, que les touristes sont de plus en plus conscients et respectueux envers les tortues, et la protection de l’environnement plus généralement. On a notamment eu connaissance de personnes ne voulant plus louer des transats sur la plage étant avertis de leur danger. Et ces comportements ont commencé à faire bouger l’industrie touristique qui voie ses précieux (et éclairés !) clients leur tourner le dos pour des raisons de respect de la nature. Le dialogue entre cette industrie et Katerina a donc pu reprendre, avec un rapport de force inversé, conduisant certains établissements à adopter les mesures  qu’elle proposait, permettant de limiter l’impact du tourisme sur les tortues Caouannes. Comme quoi, même nos plus simples décisions de vacances, à l’ombre du parasol, peuvent avoir de belles conséquences, « Power to the People » comme on dit !

Pour l’été 2015, le « Katelios Group » a enregistré une de ces plus belles saisons en terme de nombre de nids, et il espère que cela va continuer avec le changement de comportement des usagers, du tourisme et des touristes qui va dans le bon sens.

— La vie sur l’île et le Retour —

Lorsque nous n’étions pas sur le terrain, ou à aider Katerina dans ses démarches administratives, nous passions nos après midi de temps libre à explorer l’île et ses 935 km carrés. Nous avons ainsi pu visiter l’impressionnante grotte Melissani habitant un petit lac à la couleur d’un bleu turquoise translucide, à bord d’une barque pilotée d’une main de maitre à la rame par le canotier.

Grotte Melissani

Nous sommes montés au sommet du mont Ainos, culminant à plus de 1600m d’altitude d’où la vue sur l’île est tout simplement vertigineuse. Ou nous avons encore profité des plages paradisiaques de Myrtos ou de Lourdas, bref c’était pas les vacances pour tout le monde !

Petite vue sympa sur l’île du mont Ainos
Gialos Beach

Après finalement un mois et demi passé en Céphalonie, c’est avec déchirement (sympa pour nos familles héhé) que nous avons du quitter la mission, Katerina et son île fabuleuse pour retourner en France et renflouer les caisses avant la reprise des études. Bon pour ne pas que ça paraisse trop brutal, on a quand même prit quelques jours pour rentrer, toujours à bord de la fidèle titine. On en a profité pour visiter l’île de Leucade, voisine de la Céphalonie, où l’on a pu passer une nuit sur la plage, comme si on n’en avait pas assez, mais cette fois-ci en mode relax. La scène était parfaite : coucher de soleil rouge éclatant sur la mer, une très légère brise, le repas était prêt, lorsque surgit un banc de dauphins à quelques dizaines de mètres du bord, leurs silhouettes s’intégrant avec merveille dans le parfait diaporama : ça ressemblait à un merci pour le temps que l’on a donné pour les petites (grosses!) tortues. Enfin on a prit ça comme ça !

Bivouac sur l’île de Leucade

Après cette parfaite soirée, le retour s’est passé sans encombres, si ce n’est un record de traversée de l’Italie pour ne pas à avoir à dormir on ne sait où au bord de la route. L’aventure ne s’arrête jamais.

— Conclusion—

Quand on s’est décidé à passer un mois en tant qu’éco-volontaire dans une association engagée dans la protection de l’environnement marin, je dois avouer qu’on ne pensait pas rentrer aussi profondément bouleversé par notre volontariat.

On a vraiment été marqué par l’engagement de Katerina pour préserver son petit coin de paradis des requins de l’immobilier et du tourisme. Et encore les requins sont bien plus gentils, c’est pas sympa pour eux ! Elle n’hésite encore toujours pas à se confronter à des personnes bien plus puissantes et influentes qu’elle au nom du respect de la nature. Elle a été comme une mère pour nous, à nous accueillir chez elle, à nous intégrer dans sa famille avec laquelle on a pu partager bon nombre de repas et de bons moments. Quel plaisir de rencontrer des gens ainsi !

Cette rencontre et cette expérience nous ont clairement fait comprendre que la sensibilisation et l’éducation des gens à l’environnement, combinées à une action forte sur le terrain sont la solution pour résoudre les problèmes de notre époque. Et qu’il ne faut jamais perdre la passion et l’espoir quand on a la conviction de faire des choses bien.

Avec maintenant un peu de recul, cette rencontre et cette expérience ont été assurément les premières briques de la fondation des Vagues à Bonds. Merci encore Katerina.

Peace !